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La
saison 2000 de formule 1 a vu l'arrivée de plusieurs
grands constructeurs automobiles, pleins d'espoirs de réussite
et d'enrichissement, ainsi que la débacle de l'un d'entre
eux, qui a finalement considéré l'investissement
excessif par rapport au peu de résultat obtenu en course
et en terme d'image. La sienne tendait au contraire à
se déteriorer s'il restait encore en F1, discipline
pour laquelle Peugeot (puisque c'est du Lion dont il s'agit)
n'est manifestement pas taillé, au contraire du rallye
où les lionnes rugissent de plaisir dès que
l'occasion se présente. La saison 2000 est surtout
la saison du sacre de Ferrari et de Michael Schumacher, obtenu
après 21 ans de labeur et de douleur pour la Scuderia,
grâce à quelques très grands hommes qui
ont sû souder autour d'eux une équipe auparavant
en proie à des querelles internes dévastatrices
autant qu'inutiles lors du moindre évènement
négatif en rapport avec l'écurie. Ces trois
hommes en rouge sont Michael Schumacher, le pilote, Jean Todt,
le directeur sportif, et Ross Brawn, le directeur technique
et stratège hors pair.
La
Ferrari a ainsi enfin rattrapé ce lièvre après
lequel elle courait depuis si longtemps, elle est redevenue
championne du monde dans les deux catégories, en conservant
le titre constructeurs acquis en 1999 et en obtenant le titre
conducteurs via un diable rouge déchainé, encore
plus déterminé cette année à vaincre
tous ses adversaires. Et ils y ont mis la manière,
tant les records battus sont nombreux et impressionnants:
plus grand nombre de points et de victoires en une saison
égalé par Schumi avec 108 points comme Mansell
en 1992 sur Williams, et 9 victoires comme Mansell en 1992
et ... lui-même en 1995 sur Benetton; nombre de victoires
en ferrari pour un même pilote battu par Schumacher,
et nombre de points marqués par une écurie dans
la saison battu par la Scuderia. On pourrait en citer encore
d'autres, mais le plus significatif d'entre eux est indéniablement
le nombre de tifosi venus participer à la fête
de la victoire à Maranello, où ils étaient
pas moins de 60000 à acclamer les perruques rouges
de Schumi, de Barrichello qui a aussi joué un rôle
important dans l'obtention des titres, et de tous les membres
de la Scuderia qui ont pu ainsi jauger la fantastique ferveur
populaire si communicative des italiens pour qui ces titres
représentent ni plus ni moins que l'évènement
le plus important de cette fin de siècle tous domaines
confondus!
En
dehors de MacLaren Mercedes plein de bonne volonté
mais pas assez fort en stratégie cette année,
les autres grands constructeurs automobiles, qui ont envahis
en masse la plateau de la F1 en 2000, n'ont pu qu'observer
de très loin le duel magistral qui s'est livré
en tête de chacune des courses. Certains d'entre eux
ont néanmoins été positivement étonnants,
alors que d'autres l'on été plutôt négativement.
BMW tout d'abord (managé par Gerhard Berger), s'est
associé à Frank Williams pour équiper
ses voitures d'un tout nouveau moteur, et a réalisé
une saison irréprochable qui a étonné
tout le monde par sa régularité, ses performances,
et la fiabilité rarement prise en défaut du
moteur BMW, ce qui est exceptionnel pour un moteur -et un
constructeur- dont c'est la toute première saison de
compétition. On pouvait ainsi avoir quelques craintes
pour B.A.R., nouvelle écurie dont le score en 1999
est resté totalement vierge malgré la présence
d'un champion du monde, Jacques Villeneuve. Heureusement,
l'arrivée officielle de la marque Honda au sein de
l'équipe a permis de réaliser une bonne saison
en progressant régulièrement et en tirant profit
d'une fiabilité correcte, ce qui faisait tant défaut
en 1999. En revanche, mes craintes pour Jordan suite à
ce partenariat entre Honda et B.A.R. se sont révélées
fondées, puisque l'écurie du joyeux irlandais
du même nom s'est éffondrée cette année,
réalisant une saison calamiteuse peu en rapport avec
la troisième place finale brillament acquise l'année
dernière. Il fallait s'y attendre, le moteur Mugen-Honda
qui équipe les Jordan n'a plus bénéficié
du soutien officieux de la maison mère, et la fiabilité
comme les résultats en ont fortement souffert. Heureusement,
Eddie Jordan a obtenu pour l'an prochain la fourniture des
mêmes moteurs que B.A.R.. Une autre écurie montante
l'an passé, Stewart, a beaucoup souffert cette année
où elle a été renommée Jaguar
suite à son rachat par Ford, qui fournit les moteurs.
Le pauvre Eddie Irvine est passé du second rang avec
Ferrari au 13ème rang avec Jaguar, la voiture de cette
saison manquant terriblement de compétitivité,
et même si elle n'a pas cessé de progresser,
son manque de fiabilité l'a bien souvent empêché
de marquer les points auxquels elle aspirait.
Cette
saison 2000 aura été marquée par la présence
de deux championnats simultanés, si l'on peut dire,
le premier opposant Ferrari et MacLaren, le second voyant
les autres écuries se partager les places d'honneur.
Chacun de ces deux championnats a été illustré
par la compétitivité et la combativité
de tous, la plupart des pilotes ont réussi plus ou
moins régulièrement des coups d'éclat
et autres passes d'arme spectaculaires rarement anti-sportifs,
et même si de nombreux dépassements ont encore
eu lieu dans les stands grâce aux stratégies
des équipes, le retour du spectacle sur la piste qui
s'était amorçé l'an passé s'est
confirmé cette année, pour le plus grand plaisir
de tous les fans de formule 1, mais aussi des annonceurs de
plus en plus nombreux.
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